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http://www.sudouest.com/v2/arch_tete.html-
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CHARTRONS. Lancée il y a six ans, la ZAC peine à trouver ses identité et rythme commercial. Espoir avec le tram sur les quais
et l'ouverture prochaine d'une galerie
Qu'il est laborieux, le développement économique de la ZAC des Chartrons, quadrilatère formé par le quai du même nom, le cours Balguerie, les
rues Poyenne et Barreyre. Le Faubourg des Arts n'en finit pas de démarrer avec ses artisans déçus et son plasticien expulsé pour non-paiement de loyer; la
place Avisseau ne figure pas sur le plan de quartier de la ligne B du tram à deux pas; les propriétaires du restaurant Le Sélénite cherchent un acquéreur; la galerie vitrée ne débouche
toujours pas sur le quai; enfin, le gymnase annoncé pour juin dernier en est toujours au stade des fondations. Il n'y a que les habitants qui ne se plaignent pas.
Chez Domofrance, aménageur de la ZAC, on reste pourtant zen. Jean-Loup Métivet,
directeur du développement, assure : « Au moment où le tram de la ligne B arrive, on est dans le timing normal; on va bientôt signer avec le créateur d'une galerie d'art contemporain sous
la voûte vitrée; 2 600 mètres carrés de cet espace sont vendus, dont 1 800 ouverts au public. Il reste à occuper l'étage supérieur que nous destinons aux groupes. Normalement, à la fin de
l'année, tout sera bouclé et les piétons pourront entrer par le quai des Chartrons. »
Un nouvel artisan. Place Avisseau, cul-de-sac entre les rues Poyenne et Barreyre au bout d'un mail arboré, l'ambiance est beaucoup moins
sereine. Jacquie Carreau, d'Afat Voyages, remarque : « L'ouverture de la galerie était prévue en décembre mais Domofrance attend de louer les plus gros lots pour ouvrir; si j'avais su, je
ne me serais pas installée ici. »
Patrick et Nadine Gibault, qui se sont fait une belle
réputation culinaire avec leur restaurant Le Sélénite, déchantent aussi : « On s'est installés ici en octobre 2001 dans la perspective d'un accès direct au Hangar 14, mais le quartier ne
tient pas ses promesses. On n'arrête pas avec les chantiers, et à la fin, ça fatigue. »
Le couple, dont les relations avec Domofrance sont assez tendues, ne cache pas que s'il trouve un
acheteur pour son établissement, il le vendra pour aller ailleurs sur des terres plus hospitalières.La seule note optimiste provient d'Elodie Lacarret, tapissier-décorateur en provenance
de Saint-Médard-en-Jalles, venue remplacer le plasticien Lili Oto dans son local avec l'appartement joint pour 476 euros par mois : « Au
départ, je visais le cours Portal, très attrayant, mais c'était trop cher pour moi; j'avoue que j'ai été un peu refroidie par mes voisins à la première réunion, mais j'ai déjà une
clientèle, et ici, je peux travailler tranquillement. »
Thématique à trouver. À la mairie, on ne prend pas au tragique ces mouvements d'humeur : « La ZAC reste une belle réussite pour les gens qui
y habitent, assure Michel Duchène. Il est vrai qu'il y a un retard pour le gymnase dû à la procédure administrative et au financement, mais, de toute façon,
pour créer un quartier, il faut du temps, surtout quand les voies n'existent pas au départ. » L'adjoint au maire signale que la rue Barreyre va être bientôt dotée de trottoirs élargis et
protégés, « afin de supprimer le stationnement sauvage »; un parking de proximité va être aménagé pour les riverains.
Philippe Dorthe, conseiller général du canton, effectue un parallèle entre la ZAC et les hangars
des quais : «Un quartier qui n'a pas de tradition marchande ne va pas drainer du jour au lendemain une clientèle qui a d'autres points de chute. Ce qui manque à la ZAC, c'est un lieu de
ralliement comme un bar de jazz. »
Jean-Loup Métivet reconnaît aussi qu'il est nécessaire de « trouver une thématique » pour cette
fameuse galerie, qui devait au départ accueillir le Centre du vin... comme à la Cité mondiale : « Cela n'a pas été validé par nos partenaires : la CUB, la ville, le CIVB, etc. »,
regrette-t-il. Comme quoi le vin a décidément du mal à trouver une vitrine à Bordeaux, mais c'est un autre sujet.
Heureusement, il reste les étudiants et les chercheurs. Philippe Dorthe croit à l'effet dynamique provoqué par
la réunion des archives municipales cours Balguerie et rue Poyenne. Mais là encore, le chantier est en cours.
« On s'est installés ici en 2001 dans la perspective d'un accès direct au Hangar 14, mais le quartier ne tientpas ses promesses
», regrettent Patrick et Nadine Gibault
+ photo de Elodie Lacarret est la dernière arrivée au Faubourg des
Arts
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